Tridi 444

D'où vient Tridi 444

Un jeu de plateau américain, un théorème, et une cassette pour un micro-ordinateur français. Trois histoires qui se rejoignent dans le même cube de soixante-quatre cases.

1953 — le cube devient un jeu de société

L'idée d'un morpion en trois dimensions est plus vieille que les ordinateurs, mais c'est Qubic, publié par Parker Brothers dans les années 1950, qui lui donne sa forme durable : quatre étages transparents, un cube de 4×4×4, et la règle d'aligner quatre pions dans n'importe quelle direction.

Une variante, Score Four, y ajoute la gravité : les billes s'enfilent sur des tiges et s'empilent, ce qui interdit de choisir librement son étage. Le jeu y perd en liberté et y gagne en tension. Tridi 444 suit la règle libre, celle de Qubic.

1980 — Patashnik résout le jeu

En 1980, l'informaticien américain Oren Patashnik démontre, par une recherche informatique de plusieurs centaines d'heures de calcul, que le premier joueur possède une stratégie gagnante dans le cube 4×4×4. Le morpion en trois dimensions rejoint ainsi la courte liste des jeux résolus par ordinateur — bien avant le puissance 4, résolu huit ans plus tard.

Cela ne rend pas le jeu inintéressant, loin de là : la stratégie gagnante est un arbre de variantes que personne ne tient de mémoire. Entre humains, ouvrir n'est qu'un avantage. C'est en hommage à ce travail que le niveau le plus fort de Tridi 444 porte le nom de Patashnik.

1982 — Tridi, sur Thomson TO7

La même année où Thomson lance son TO7, un micro-ordinateur français dont les programmes tiennent sur cassette, les éditions Nathan publient Tridi : un jeu de réflexion qui porte le morpion en trois dimensions à l'écran. Le cube y est dessiné en fil de fer, les étages se parcourent au clavier, et l'ordinateur tient tête.

Le TO7 sera au cœur du plan « Informatique pour tous » qui équipe les écoles françaises à partir de 1985. Pour beaucoup, c'est là qu'un premier jeu de réflexion a été rencontré — et Tridi fait partie de ceux dont on se souvient, précisément parce qu'il résistait.

Aujourd'hui

Tridi 444 reprend le nom et le principe, dans un navigateur. Le cube est cette fois réellement en trois dimensions, on le tourne, on rend les étages transparents, on épingle un alignement pour le suivre du regard. La machine cherche dans un fil d'exécution séparé, ce qui lui permet de réfléchir deux secondes sans que l'affichage bronche.

Le reste — l'atlas des soixante-seize alignements, la relecture commentée des parties — répond à la seule difficulté sérieuse de ce jeu : on ne voit pas ce qui s'y passe. Il faut qu'on vous le montre.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Tridi, le jeu du Thomson TO7 ?
Tridi est un jeu de réflexion édité par Nathan pour le Thomson TO7, en 1982. Il portait à l'écran le morpion en trois dimensions : un cube de 4×4×4 dans lequel il fallait aligner quatre pions. Tridi 444 en reprend le principe et le nom.
Qui a résolu le morpion en 3D ?
Oren Patashnik, informaticien américain, en 1980. Par une recherche informatique menée sur plusieurs centaines d'heures de calcul, il a démontré que le premier joueur possède une stratégie gagnante dans le cube 4×4×4. C'est l'un des premiers jeux résolus par ordinateur.
Qubic, Score Four et le morpion 3D sont-ils le même jeu ?
Ce sont des variantes du même principe. Qubic, publié par Parker Brothers dans les années 1950, se joue dans un cube 4×4×4 où l'on pose librement. Score Four ajoute la gravité : les billes s'empilent sur des tiges, ce qui change beaucoup la tactique.
Qu'était le Thomson TO7 ?
Un micro-ordinateur français lancé par Thomson en 1982. Ses programmes arrivaient sur cassette ou sur cartouche, et il fut au cœur du plan « Informatique pour tous » qui équipa les écoles françaises à partir de 1985. Beaucoup y ont vu leur premier jeu.

À lire ensuite : les règles et la stratégie.